Nous sommes le Mardi 11 aout 2009. Le jour du départ. Après des heures de rangement et de nombreuses pesées, les valises sont plus que pleines et on espère qu'elles passeront l'enregistrement sans problème de poids. Deux fois 23 kilos c'est finalement très peu pour « déménager », de toute façon, plus aurait été presque impossible à transporter.
Il est 10h39, la voiture prend la nationale 20 direction Orly, le vol est à 16 heures. Christian conduit, Justine co-pilote, Marine regarde les champs de Beauce comme dernier paysage français et Gabriel chante par dessus le CD des Beatles qui tourne dans le lecteur. Nous arrivons à l'aéroport vers12h20, on se gare au troisième sous-sol, les autres niveaux sont complets. On décharge les quatre grosses valises, les deux « bagages cabine » et nos « sacs à main ». Heureusement, il y a des chariots à bagages pouvant supporter 200 kilos non loin de là, nous en prenons deux. Nous nous dirigeons vers l'ascenseur et là ce fut la première longue attente de la liste des longues attentes qui allaient s'enchaîner jusqu'à notre arrivée à Sherbrooke. Il n'y a peut être qu'une vingtaine de personnes mais le seul ascenseur disponible sur les deux semble se contenter de passer du rez de chaussé au premier et au deuxième sous-sol en ayant une fâcheuse tendance à oublier le troisième sous-sol où nous attendons tous les quatre depuis plus d'un quart d'heure. Avec nos plus que cent kilos de bagages il est impensable d'escalader les trois étages qui mènent aux guichets d'enregistrement à l'aide de l'escalier qui nous nargue sur notre droite. Nous nous évertuons donc à presser le bouton d'appel de la machine mais le cadran affiche inlassablement 0 … -1 … -2 … -1 … 0 … Il y a trop de monde à chaque étage pour que l'ascenseur ne daigne parvenir jusqu'à nous.
12H40 nous sommes enfin dans le hall et nous dirigeons avec hâte vers les comptoirs d'enregistrement. Petite montée d'adrénaline lors de la pesée des bagages soute que l'on a mis tant de temps à boucler... Ouf, le plus lourd des quatre pèse 22,8 kilogrammes pour 23 maximum autorisés. L'agent nous signale que l'embarquement a lieu à partir de 14 heures et nous souhaite un bon vol.
Enfin débarrassés des bagages les plus encombrants nous nous dirigeons vers le hall d'embarquement ou nous terminons de pique-niquer sur les fauteuils d'attente. La chaleur est plus qu'étouffante. Un passage en boutique et un petit tour aux toilettes pour aider à patienter. On vérifie le lieu est l'heure de l'embarquement ; il nous reste un peu de temps que nous passons à boire un café devant les immenses baies vitrées derrières lesquelles nous essayons de deviner où se cache notre avion.
14H25 il est temps d'y aller. Derniers adieux avec Justine et Christian et nous nous plaçons dans la déjà longue file d'attente d'embarquement.
Une bonne vingtaine de minutes plus tard nous présentons nos passeports à l'agent, tout est en ordre. On croyait être tirés d'affaire mais il n'en fut rien : nous arrivâmes dans une nouvelle file d'attente, celle du contrôle de sécurité. A nouveau une attente de près d'une demie-heure avant d'arriver devant les tables où sont disposés des bacs blancs. On doit vider nos poches et nos sacs des appareils électroniques (ordinateurs, appareils photos, téléphones cellulaires...), objets métalliques (clefs, monnaie, ceinture...) et des liquides et les placer dans les bacs. Les bacs sont acheminés par tapis roulant dans le scanner et nous devons passer le portique de sécurité. Je passe, il sonne. L'agent : « veuillez avancer ici monsieur s'il vous plait et lever les bras ». J'ai le droit à une palpation puis au détecteur manuel. « C'est bon vous pouvez y aller ». Je n'ai jamais su ce qui l' a fait sonner ?... ma montre peut-être (j'avais oublier de la retirer). Nous rangeons tous les objets dans nos sacs et poches et nous remettons notre ceinture en regardant du coin de l'œil le jeune homme qui est passé juste avant nous et qui semble vraiment très en colère que l'agent ait jeter son « parfum Diesel à plus de cinquante euros putain ! ».
Nous passons dans la salle suivante. Surprise une nouvelle file d'attente pour l'embarquement proprement dit. Nous patientons donc encore et toujours. Les voyageurs avancent par « paquets », la prochaine étape est le bus qui nous mène jusqu'à notre avion. C'est notre tour, on présente le ticket d'embarquement puis le passeport et hop direction le bus. Il fait chaud, il est 15h45 et nous attendons que le bus démarre.
Après avoir parcourus au moins 3 kilomètres à travers l'aéroport le bus s'immobilise. Nous descendons, Marine prend une photo de notre avion et se fait rouspéter par l'agent (au moins on en aura une de notre vrai avion, vous pouvez admirer la photo interdite).
Le message du commandant de bord 30 minutes plus tard nous le confirme : il y a eu un problème de parking et donc l'embarquement a dû s'effectuer en bus plutôt qu'en passerelle mais c'était pas le bon endroit ni le bon moment et y'avait pas assez de bus...Bref, c'est seulement à 17 heures que l'avion daigne se mouvoir : attention décollage !
Le vol s'est bien passé, il y a eu assez peu de turbulences. Nous volions à plus de 10 000 mètres d'altitude, la température extérieure était souvent un peu en dessous de -50C° (de quoi nous habituer pour l'hiver à venir) et notre vitesse au sol oscillait entre 809 et 817 km/h (toute ces données sont issues du GPS qui s'affichait sur les écrans de temps à autres). Nous avons eu le droit à un repas chaud en début de vol ainsi qu'une collation en fin de vol et un petit bonbon. Nous avions 10 chaînes de musique et on nous a passé un épisode des Simpson, un épisode de Grey's Anatomy, le film Icognito (avec Bénabar et Franck Dubosc) et le premier spectacle de Florence Foresti et oui en presque 7 heures de vol il y a le temps.
Nous a-Québec-issons à 23h57 (17h57 heure locale soit 6 heures de moins qu'en France). Mais le temps que l'avion aille se garer, que les passerelles soient mises en place, et que nous puissions descendre il s'écoule encore un bon quart d'heure. Heureux d'être sur le plancher des vaches, que dis-je, des caribous, nous nous empressons de rejoindre le hall d'arrivée qui semble loin. Ce que nous ne savons pas encore, c'est que Claude et Claudia nous attendent déjà depuis 17h35 et que l'on va tous attendre encore longtemps.
Arrivés dans le hall il faut passer les douanes, une petite heure d'attente pour passer le premier contrôle : " rien à déclarer? Quel est le but de votre voyage?", puis 1h30 pour obtenir notre permis d'étude : " J'ai présentement 5000 personnes en ligne sur le plancher" dixit le douanier, pendant ce temps nos valises tournent seules en boucle sur le tapis... Et Claude et Claudia attendent, inquiets, de l'autre côté. Mais enfin c'est bon on a tous nos papiers, ça y est on est vraiment arrivé !!!
